SOIF DU MAL

Puisqu'on s'est trop aimé
Au point du soleil pâle
Puisqu'on s'est déchiré
Sous le soleil ardent,
Nos coeurs se sont durcis
Sous la griffe et la dent
Et les pleurs de rubis
Ont des froideurs d'Opale.

En voyant du Désir
Naître en nous l'animal,
Qui donc aurait prédit
Ses cruautés tardives;
C'était un doux félin
Aux caresses plaintives
A présent c'est un fauve
Dont croît la soif du mal.

D'où tient-il ce goût-là
Des baisers qui mutilent ?
Mais il est inutile
De lui parler d'Amour.